Plus d’un mois après le début des inondations, des villages sont toujours complètements inondés au Congo

Source: UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Country: Central African Republic, Congo, Democratic Republic of the Congo

Les eaux continuent à être présentes dans beaucoup de districts. Les besoins les plus urgents sont l’eau, la santé, l’assainissement, les abris, la nourriture et les biens non alimentaires essentiels.

FAITS SAILLANTS

• Depuis octobre 2019, de fortes pluies ont touché environ 170 000 personnes à travers le pays, dont 30 000 réfugiés centrafricains et congolais.

• Une évaluation humanitaire rapide menée par le gouvernement et les Nations Unies a eu lieu du 14 au 18 décembre 2019.

• Plus d’un mois après le début des inondations, les eaux continuent à être présentes dans beaucoup de districts, quelques villages sont toujours complètements inondés.

• Les besoins les plus urgents sont l’eau, la santé, l’assainissement, les abris, la nourriture et les biens non alimentaires essentiels.

• D’autres dégâts éventuels sont à prévoir car les prévisions indiquent toujours de fortes pluies potentielles dans les semaines à venir.

APERÇU DE LA SITUATION

À la suite des inondations qui ont touché la plupart des départements de la République du Congo en Octobre et Novembre 2019, une mission d’évaluation conjointe du Ministère des Affaires Sociales et de l’Action Humanitaire (MASAH) et des Nations Unies a été organisée du 14 au 18 Décembre 2019. Cette mission a permis d’évaluer les besoins engendrés par les fortes pluies et inondations qui ont touché environ 170 000 personnes, dont 30 000 réfugiés centrafricains et congolais, dans différents départements.

Les évaluations se sont basées sur des échanges avec les autorités locales, les populations sinistrées et des observations par voie aérienne des zones non atteignables par canot rapide. Une équipe multidisciplinaire, composée de 10 membres (OCHA, MASAH, FAO, PAM, OMS, UNICEF, UNHCR) a survolé 3 400 km afin d’observer et géolocaliser les principales zones affectées, avec un hélicoptère militaire mis à disposition par l’armée congolaise.

Plus d’un mois après le début des inondations, les eaux continuent à être présentes dans beaucoup de districts, quelques villages sont toujours complètements inondés. L’équipe d’évaluation a pu constater la présence de personnes vivant sur des toits de maisons et qui demandaient de l’aide. Les coordonnées GPS de ces zones ont été transmises aux autorités.

Les villages les plus affectés se trouvent en bordure du Fleuve Congo et de la Rivière Oubangui. Les villes de Makotimpoko (Plateaux) et Mossaka (Cuvette) sont les plus peuplées parmi les zones inondées.

Le département de la Likouala enregistre déjà des débuts de décrus des eaux dans certaines localités. Cependant, le risque de montées des eaux est à envisager en cas de nouvelles fortes pluies dans la Likouala et sur l’ensemble des départements touchés.

Selon le rapport d’évaluation de la mission, la situation sanitaire est préoccupante et présente des risques élevés d’épidémies, surtout liés aux maladies hydriques, et un risque d’augmentation du paludisme. Les personnes affectées par les inondations ont peu d’accès aux services de santé. Il y a peu de médicaments et de personnel médical disponible.

En ce qui concerne les risques liés à la sécurité alimentaire, la mission d’évaluation confirme les inondations des moyens et des surfaces de production agricole, de pêche et du petit bétail dans les localités touchées des départements des Plateaux, de la Cuvette, de la Sangha, de la Likouala et le long du fleuve Kouilou. En particulier, les inondations agricoles sont considérables pour les champs de manioc dans l’ensemble des départements et pour la banane plantain dans les Plateaux, le Kouilou et la Likouala. Les prix des denrées alimentaires ont déjà augmenté dans les localités où les inondations sont sévères et les populations projettent la fin de leurs réserves alimentaires, en particulier de manioc, à janvier 2020.

Les inondations ont aussi détruit les points d’eaux et envahi les ouvrages d’assainissement. Dans les Plateaux et la Cuvette, les localités les plus touchées sont celles de Makotimpoko et Mossaka. Aucun point d’eau potable fonctionnel n’existe et les latrines ont été détruites. Ainsi, la matière fécale communique directement avec les eaux utilisées pour la consommation et autres usages domestiques. Dans la Likouala, on note l’absence d’eau potable, même avant les inondations. Les populations boivent majoritairement l’eau du fleuve et de puits. Les latrines n’existent pas et la défécation est pratiquée à l’air libre.

La mission a constaté la perte d’abris et de biens vitaux dans l’ensemble des zones touchées. Dans la zone de Mossaka (Cuvette), les populations dorment dehors. Plusieurs habitations sont encore sous l’eau. Des déplacements de populations ont été rapportés dans le district de Liranga (Likouala), où les villages environnants le centre de Liranga sont complètement inondés. Selon les informations recueillies au niveau de la sous-préfecture de Gambona (Pleateaux), 203 personnes venus de Makotimpoko auraient également demandé refuge à Gamboma. Les sinistrés rencontrés à Bouemba (Plateaux) indiquent que certaines familles sont restées à Makotimpoko par manque de moyens logistiques. Par conséquent, ils demandent un appui logistique pour rejoindre Bouemba. Il s’agit de familles de réfugiés et de population hôte.